Après la crise financière, quel est le coût du crédit ? Quel taux ?
Les répercussions de la crise financière mondiale ne devraient pas bousculer la politique modérée de hausse des taux des banques françaises. Depuis la rentrée, le taux des crédits a diminué de 10 à 20 points de base du fait de l'évolution des obligations d'Etat.
" Ce qui s'est passé va forcément entraîner des conséquences, ne serait-ce que [...] des tensions " sur le niveau des taux d'intérêt " qui vont amener un renchérissement du crédit dans les semaines qui viennent ", adéclaré hier Christine Lagarde lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes d'information sociale. Cette déclaration, qui suit la faillite de la banque Lehman Brothers, a soulevé l'étonnement chez les banquiers.
Les banques françaises répercutent progressivement la remontée des taux, réagit un professionnel. " Il y a certes un effet rattrapage après des années de sous-tarification, mais les banques françaises lissent cette remontée. Nous augmentons les taux de 10 centimes en 10 centimes, sans hausse brutale. " Depuis un an, le taux des crédits à l'habitat a sensiblement augmenté, passant en moyenne de 4,24 % à 4,85 % en juillet dernier, selon les statistiques de la Banque de France. La moyenne européenne est plus élevée, mais la hausse est sensiblement moins marquée, de 4,91 % à 5,31 % en un an.
Prêts à perte
Compte tenu de l'évolution du coût de leur refinancement sur les marchés, ajoute ce banquier, " les banques perdent même 50 centimes sur les prêts en prêtant à 5 % ". " Nous nous refinançons à court terme plutôt qu'à long terme. Nous empruntons à deux ans à 5,5 %, soit 80 points de plus qu'il y a un an. Mais, comme il s'agit de lignes à court terme, nous comptons les renouveler dans de meilleures conditions une fois arrivées à échéance, la crise devant s'être aplanie ", explique-t-il.
Mieux, rappelle un autre, depuis la rentrée, le prix des crédits immobiliers a même diminué." Les obligations d'Etat ont beaucoup baissé et, depuis quinze jours, les taux des crédits immobiliers se sont réduits de 15 à 20 points de base. Hier, nous n'avons pas subi d'arbitrage brutal du fait de l'évolution du coût de refinancement. " Mais si les pouvoirs publics veulent faciliter l'accès des banques aux liquidités et donc la stabilité du marché du crédit immobilier français, il existe une mesure simple, insiste-t-il : relever le taux de rémunération des plans d'épargne logement pour en augmenter l'attractivité et " libérer les fonds des livrets réglementés, dont 100 milliards d'euros sont gelés à la Caisse des Dépôts. Une mesure beaucoup plus saine que de faire marcher la planche à billets ". Une solution que la violence de la crise actuelle pourrait rendre d'actualité.
Source : Coût du crédit : pas de hausse accélérée des taux : Les echos