Michel-Edouard Leclerc veut s'attaquer au monopole des pharmacies..lisez sa réponse à Roselyne Bachelot
Entre Michel-Édouard Leclerc et Roselyne Bachelot, ce n’est pas l’encéphalogramme plat... Mardi matin,"Publicité mensongère", dénonce Roselyne Bachelot, mardi matin sur I-Télévision. En exclusivité pour lepoint.fr, le patron des enseignes Leclerc contre-attaque.
Lepoint.fr : Roselyne Bachelot qualifie votre publicité de "mensongère". Surpris ?
Michel-Édouard Leclerc : À chaque fois que mon enseigne lance une bataille, cela dérange. La réaction de la ministre de la Santé est corporatiste [NDLR : Roselyne Bachelot est docteur en pharmacie]. J’en veux pour preuve qu’aucun des faits qu’expose Leclerc dans ses publicités, comme le déremboursement de certains médicaments, n’est contredit précisément par Roselyne Bachelot.
Ce n’est pas à moi de déterminer s’il faut ou non dérembourser les médicaments, et combien de médicaments il faut dérembourser. Je dis simplement que c’est une politique qui a un impact réel sur le pouvoir d’achat des patients.
Lepoint.fr : La ministre de la Santé s’appuie sur les expériences étrangères qui démontrent, selon elle, qu’après trois mois de baisse, le prix des médicaments vendus en grande surface remonte sensiblement...
M.-É. L. : La réaction de Roselyne Bachelot m’étonne puisque la Commission européenne elle-même exige une libéralisation de ce secteur. En Italie, la décision d’ouvrir ce marché à la grande distribution a été une des premières initiatives du gouvernement Prodi. Leclerc et d’autres enseignes qui se sont lancées dans la vente de médicaments en Italie ont participé à la baisse du prix de ces produits.
En France, les médicaments délivrés sans ordonnance peuvent être vendus moins cher. C’est ce que Leclerc propose de faire. Il n’y aura de modération de l’inflation des médicaments que si l’on met en concurrence les pharmacies et d’autres réseaux de distribution.
Lepoint.fr : Comment vos enseignes vont-elles organiser cette vente ?
M.-É. L. : Il ne s’agit pas de vendre des médicaments en tête de gondole ! Un espace d’automédication sera installé dans nos 110 parapharmacies. Les patients y seront conseillés par nos 150 docteurs en pharmacie, qui seront encore plus nombreux si le projet aboutit. Nous respecterons le même cahier des charges que les pharmaciens. Je m’y engage personnellement. Je demande même à ce que Leclerc soit contrôlé.
Les interrogations autour des risques à vendre des médicaments en grande surface constituent un faux-débat. Nous sommes irréprochables, ce dossier a été monté avec nos docteurs en pharmacie, des pharmaciens conseils ainsi que des juristes.
Lepoint.fr : Où en sont vos négociations avec les pouvoirs publics ?
M.-É. L. : Je ne négocie pas ! J’ai lancé un débat et me suis confronté à la frilosité des politiques, mais je reste convaincu que ce projet aboutira. le bouillonnant chef d’entreprise s’est une nouvelle fois attiré les foudres de la ministre de la Santé. Durant plusieurs jours, le groupe Leclerc a diffusé une publicité à la télévision pour réclamer le droit de vendre dans ses parapharmacies des médicaments non remboursés avec, à la clé, assure l’entrepreneur, 25 % d’économie pour les usagers.
source : Le point .fr